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Cogio
Stratégie· 10 min de lecture· par Alexandre Sauvageau

Comment choisir sa firme-conseil en IA : les 12 questions à poser avant de signer

Douze questions à poser à toute firme-conseil en IA avant de signer : hébergement, jalons, Loi 25, réversibilité. Avec le signal d’alarme pour chacune.

Poignée de main entre deux gens d’affaires
Photo : Bia Limova, Pexels

Le jargon protège le vendeur, les questions protègent l’acheteur

Le marché du conseil en IA a des airs de ruée vers l’or : la demande explose, l’offre suit, et les enseignes se ressemblent toutes une fois passé le vernis du site web. Comment distinguer la firme qui livrera de celle qui apprendra son métier à vos frais? Pas en comparant les logos de leurs présentations : en posant des questions précises et en exigeant des réponses écrites. En voici douze, regroupées en quatre blocs : souveraineté et hébergement, méthode et jalons, conformité à la Loi 25, contrat et réversibilité.

Jouons franc jeu : Cogio est une firme-conseil en IA, et ces douze questions s’appliquent à nous comme aux autres. Nous vous invitons littéralement à nous les poser. Une firme sérieuse y répond par écrit, sans se froisser; une firme qui s’en agace vient de vous répondre à sa manière.

Souveraineté et hébergement : où vivront vos données?

Question 1 : où résident nos données, physiquement, et le modèle tourne-t-il chez nous ou chez un tiers? La réponse qui rassure nomme un lieu : vos locaux, un centre de données québécois ou canadien identifié, un contrat d’hébergement précis. Le signal d’alarme : « dans le nuage, c’est sécurisé ». Le nuage est un ordinateur situé quelque part, et ce quelque part détermine quelles lois s’appliquent, à commencer par le CLOUD Act américain.

Question 2 : nos données serviront-elles à entraîner ou à améliorer quoi que ce soit? La réponse qui rassure est un non contractuel : vos documents servent à répondre à vos questions, rien d’autre, et c’est écrit. Le signal d’alarme : un fournisseur qui doit consulter les conditions de son propre sous-traitant avant de répondre. S’il ne maîtrise pas sa chaîne, vous ne la maîtrisez pas non plus.

Question 3 : qui, chez vous et chez vos sous-traitants, peut accéder à nos données? La réponse qui rassure décrit des rôles précis, des accès journalisés et une liste courte, idéalement adossée à des pratiques vérifiées par un tiers. Le signal d’alarme : aucun journal d’accès, ou une chaîne de sous-traitance que personne ne sait décrire au complet.

Méthode et jalons : comment saurez-vous que ça avance?

Question 4 : quel est le premier livrable utilisable, et dans combien de temps? La réponse qui rassure décrit un pilote borné : un périmètre, des utilisateurs désignés, une date, un livrable que vos gens peuvent essayer. Le signal d’alarme : un déploiement global vendu d’un bloc, sans étape intermédiaire où vous pouvez juger sur pièces.

Question 5 : sur quels critères jugerons-nous, ensemble, que ça fonctionne? La réponse qui rassure fixe des critères d’acceptation avant de commencer, à mesurer chez vous : taux de réponses jugées utilisables, temps gagné sur une tâche précise, adoption réelle par les équipes. Notre guide pour mesurer le rendement d’un assistant IA montre à quoi ressemblent de bons indicateurs. Le signal d’alarme : des gains chiffrés promis avant même d’avoir vu vos données.

Question 6 : que se passe-t-il si le pilote ne livre pas? La réponse qui rassure admet que c’est possible et prévoit la suite : ajuster le périmètre, changer d’approche ou arrêter proprement, leçons documentées à l’appui. Le signal d’alarme tient en une phrase : « ça ne peut pas échouer ». L’honnêteté méthodologique commence par admettre l’inverse.

Conformité Loi 25 : qui signera l’évaluation?

Question 7 : qui mène l’évaluation des facteurs relatifs à la vie privée, et quand? La réponse qui rassure place l’ÉFVP avant le déploiement, avec un responsable nommé de votre côté et un appui documenté du fournisseur. Le signal d’alarme : on vous la présente comme une formalité facultative, ou pire, on ne reconnaît pas l’acronyme.

Question 8 : comment repérez-vous et traitez-vous les renseignements personnels dans nos documents? La réponse qui rassure décrit une procédure : recensement, caviardage ou exclusion avant l’indexation, et des règles écrites pour la suite. Le signal d’alarme : « le modèle est sécurisé, ce n’est pas un problème ». La sécurité du système et la licéité du traitement sont deux questions différentes.

Question 9 : que prévoyez-vous en cas d’incident de confidentialité? La réponse qui rassure existe sur papier : procédure d’avis, délais, registre des incidents, rôles de part et d’autre, comme l’exige la Loi 25. Le signal d’alarme : l’improvisation, ou la conviction affichée qu’un incident est impossible.

Contrat et réversibilité : pouvez-vous partir sans tout perdre?

Question 10 : à qui appartiendront le code, les prompts, les configurations et la documentation livrés? La réponse qui rassure : à vous, sans ambiguïté, avec remise des sources à chaque jalon. Le signal d’alarme : une propriété intellectuelle qui reste chez le fournisseur, assortie d’une licence d’utilisation à renouveler, c’est-à-dire un loyer déguisé.

Question 11 : si nous mettons fin au contrat, comment récupérons-nous tout, et en combien de temps? La réponse qui rassure décrit une sortie ordonnée : données dans des formats standards, index reconstructibles, documentation à jour, aucune pénalité de départ. Le signal d’alarme : des frais de sortie, des formats propriétaires, ou un flou soigneusement entretenu sur ce que « tout » veut dire.

Question 12 : qu’est-ce qui est inclus dans le prix, qu’est-ce qui est récurrent, et qu’est-ce qui dépend d’un tiers? La réponse qui rassure ventile : conception, licences éventuelles, hébergement, entretien, et ce qui bougera si un fournisseur tiers change ses tarifs. Notre article sur le coût réel d’un agent IA au Québec donne la structure de coûts à exiger. Le signal d’alarme : un forfait global sans ventilation, où les coûts récurrents apparaissent après la signature.

Les 12 questions et leur signal d’alarme, sur une page

Gardez cette table sous la main lors de la prochaine rencontre. Douze questions, douze signaux : un fournisseur sérieux les franchit toutes, y compris nous.

12

questions à poser, réponses écrites exigées, avant toute signature

4

blocs à couvrir : souveraineté, méthode, Loi 25, réversibilité

Récapitulatif : la question à poser et le signal d’alarme associé
La questionLe signal d’alarme
1. Où résident nos données, physiquement?Une réponse vague du type « dans le nuage, c’est sécurisé ».
2. Nos données servent-elles à entraîner quoi que ce soit?Le fournisseur doit consulter son propre sous-traitant pour répondre.
3. Qui peut accéder à nos données, chez vous et vos sous-traitants?Aucun journal d’accès, une chaîne de sous-traitance indescriptible.
4. Quel est le premier livrable utilisable, et quand?Un déploiement global vendu d’un bloc, sans pilote ni jalon.
5. Sur quels critères jugerons-nous que ça fonctionne?Des gains chiffrés promis avant d’avoir vu vos données.
6. Que se passe-t-il si le pilote ne livre pas?« Ça ne peut pas échouer » : aucune firme sérieuse ne dit ça.
7. Qui mène l’ÉFVP, et quand?L’évaluation est présentée comme une formalité facultative.
8. Comment traitez-vous les renseignements personnels?Aucune procédure de repérage ni de caviardage avant l’indexation.
9. Que prévoyez-vous en cas d’incident de confidentialité?Pas de procédure écrite, pas de délai d’avis, pas de registre.
10. À qui appartiendront le code, les prompts, les configurations?La propriété reste au fournisseur, avec une licence à renouveler.
11. Comment récupérons-nous tout si nous partons?Des frais de sortie ou des formats propriétaires illisibles ailleurs.
12. Qu’est-ce qui est inclus, récurrent, ou dépendant d’un tiers?Un forfait global sans ventilation ni coûts récurrents détaillés.

Par où commencer

Avant la prochaine rencontre avec une firme, choisissez les quatre questions qui touchent votre plus grande inquiétude (les données, le budget, la conformité) et demandez des réponses écrites. L’écrit calme le charisme : une belle présentation ne survit pas toujours à un courriel de suivi. Ajoutez les huit autres au moment de comparer les finalistes, et méfiez-vous de toute réponse qui change entre l’oral et l’écrit.

Chez Cogio, nous avons bâti notre offre pour passer ce test : des agents sur mesure hébergés chez le client, la propriété des livrables au client, des jalons où l’on peut s’arrêter, et une règle qui résume notre façon de faire, l’IA prépare et l’humain décide. Venez nous poser les douze questions, par écrit si vous préférez : c’est le meilleur moyen de comparer les firmes, la nôtre comprise.

Questions fréquentes

Une petite firme locale peut-elle rivaliser avec un grand cabinet?

Oui, si elle répond bien aux douze questions. La taille garantit des processus, pas la qualité du livrable : ce qui compte est la maîtrise de la chaîne (hébergement, sous-traitants, méthode) et la capacité à livrer un pilote que vos gens utilisent. Une petite équipe qui répond par écrit et sans détour vaut mieux qu’une grande enseigne qui délègue vos questions au service juridique.

Faut-il exiger des certifications comme ISO 27001 ou SOC 2?

C’est un atout, pas un préalable absolu. Une certification atteste de pratiques vérifiées par un tiers, ce qui renforce les réponses aux questions d’accès et de sécurité. Mais elle ne remplace ni la réversibilité contractuelle ni la conformité à la Loi 25, qui relèvent du contrat et de la méthode. Exigez d’abord des réponses écrites; la certification vient les corroborer.

Que faire si le fournisseur refuse de répondre par écrit?

Passez au suivant. Toutes ces questions ont des réponses factuelles : un lieu d’hébergement, une clause de propriété, une procédure d’incident. Un refus de les écrire signifie que la réponse orale ne survivrait pas au contrat. C’est précisément l’information que vous cherchiez, au meilleur prix possible : gratuite et obtenue avant de signer.

Le fournisseur le moins cher est-il forcément suspect?

Non, mais le prix seul ne dit rien : c’est la ventilation qui parle. Un prix bas avec des coûts récurrents flous coûte souvent plus cher qu’un prix honnête tout inclus. Comparez les offres sur la même grille : ce qui est inclus, ce qui revient chaque mois, ce qui dépend d’un tiers, et ce que coûte la sortie. À grille égale, le moins cher gagne.

Peut-on poser ces questions après avoir signé?

Vous pouvez, mais votre levier a fondu. Les questions de propriété intellectuelle, de réversibilité et de pénalités de sortie se négocient avant la signature; après, vous dépendez de la bonne volonté du fournisseur. Si vous êtes déjà lié, posez-les quand même : les réponses vous diront quoi renégocier au renouvellement.

Cogio répond-elle elle-même à ces douze questions?

Oui, par écrit, et c’est un exercice que nous recommandons de faire passer à tous les fournisseurs en lice, nous y compris. Nos réponses tiennent en quelques lignes : hébergement chez le client, aucune donnée servant à entraîner quoi que ce soit, pilote avec critères d’acceptation, ÉFVP avant déploiement, propriété des livrables au client, sortie sans pénalité.

Cet article est une synthèse de vulgarisation, à jour à la date indiquée. Il ne constitue pas un avis juridique : pour votre situation particulière, consultez un conseiller juridique ou communiquez avec la Commission d’accès à l’information.