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Stratégie8 min de lecture

Faire soi-même ou engager une firme en IA : ce que ça coûte vraiment

Intégrer l’IA à l’interne ou avec une firme : heures réelles, compétences, risques, coûts d’outils publics et subventions, pour comparer sans se tromper.

, cofondateur de Cogio

Table sombre avec un ordinateur portable fermé, un carnet ouvert et un verre d’eau
Photo : Tima Miroshnichenko, Pexels

La réponse courte

Faites-le vous-même si le projet consiste à adopter un outil : donner un assistant à vos équipes, encadrer son usage, bâtir quelques flux simples. Engagez une firme si le projet consiste à transformer un processus : brancher un agent à votre ERP, lire des factures ou des plans, héberger un modèle chez vous, traiter des renseignements personnels. Entre les deux, le bon montage est souvent mixte : la firme bâtit et transfère, vos équipes exploitent.

La comparaison honnête ne met pas en face « gratuit » et « une facture ». Elle met en face les heures internes, les compétences disponibles et le risque d’échec d’un côté, le prix d’une firme moins les subventions de l’autre.

Le coût caché du « fait maison »

Un projet interne mobilise presque toujours les mêmes personnes : le contrôleur qui connaît la comptabilité, le chargé de projet qui connaît les soumissions, la personne « bonne en informatique ». Ce sont rarement des employés sans travail. Chaque heure passée sur le projet est une heure retirée à la clôture du mois, aux clients ou à la production.

Pour chiffrer ce coût, dressez la liste des tâches que le projet exige et estimez les heures avec les personnes concernées :

  • Cartographier le processus visé et mesurer le temps qu’il prend aujourd’hui.
  • Choisir l’outil, l’hébergement et le modèle, puis négocier les licences.
  • Préparer les données : rassembler, nettoyer, définir les accès.
  • Bâtir l’intégration avec l’ERP ou le logiciel comptable, la tester et la corriger.
  • Faire l’évaluation des facteurs relatifs à la vie privée exigée par la Loi 25.
  • Former les équipes, rédiger la politique d’utilisation, assurer le soutien.
  • Entretenir le tout : mises à jour, pannes, changements de version de l’ERP.

Les compétences qu’il faut réunir

Un projet d’IA qui touche les systèmes de l’entreprise demande quatre compétences rarement réunies dans une PME : la connaissance du processus d’affaires, l’intégration logicielle (interfaces de programmation de l’ERP, gestion des erreurs), l’IA appliquée (choix du modèle, instructions, évaluation de la qualité des réponses) et la conformité (Loi 25, sécurité, journalisation).

La première, vous l’avez : personne ne connaît vos processus mieux que vos équipes. Les trois autres s’apprennent, mais l’apprentissage se fait sur votre projet, avec ses essais et ses erreurs. Si vous visez une IA souveraine hébergée chez vous, ajoutez l’administration d’un serveur équipé d’un processeur graphique.

Les coûts d’outils, eux, sont publics

Pour un projet d’adoption, les licences sont le principal coût visible, et elles sont affichées. Au 23 octobre 2026 : ChatGPT Business à 27 $ CA par poste standard par mois, le module Microsoft 365 Copilot Business à 28,50 $ CA par utilisateur par mois en engagement annuel, Claude Team à 20 $ US par poste par mois en facturation annuelle. Côté flux, Power Automate Premium est à 20,40 $ CA par utilisateur par mois et Zapier Pro commence à 19,99 $ US par mois en annuel.

Ces montants sont modestes. C’est ce qui rend le « fait maison » attirant pour l’adoption d’un assistant, et c’est un bon choix dans ce cas. Nos comparatifs ChatGPT, Copilot ou Claude et Power Automate, Zapier ou agent IA détaillent les offres.

Les risques, des deux côtés

À l’interne, le risque principal est l’essoufflement : le projet avance le vendredi après-midi, puis s’arrête à la première période de pointe. Viennent ensuite les erreurs d’architecture difficiles à défaire (un outil choisi avant d’avoir mesuré le besoin, des données sensibles versées dans un nuage étranger sans évaluation) et la dépendance à une seule personne qui part avec le savoir.

Avec une firme, le risque est l’inverse : une solution que vos équipes ne comprennent pas, un code que personne d’autre ne peut entretenir, un contrat qui vous lie. Il se réduit par trois exigences : un livrable mesuré dès le diagnostic, la propriété de ce qui est bâti pour vous et un transfert de connaissances écrit dans le mandat. Notre liste de 12 questions à poser à une firme-conseil en IA sert à cela.

Selon Statistique Canada, les préoccupations de cybersécurité ou de confidentialité (13,4 % des entreprises) et le coût (10,6 %) figurent parmi les freins que nomment les entreprises canadiennes. Les deux se gèrent mieux avec un cadre écrit, qu’il soit interne ou confié à une firme.

Les subventions changent le calcul

C’est le point que les PME oublient le plus souvent : plusieurs aides réduisent le coût net d’un projet, et elles se comparent avant de choisir entre l’interne et une firme. Les barèmes ci-dessous sont ceux présentés sur notre page Subventions. L’admissibilité se confirme au cas par cas.

  • ESSOR volet 1 (Investissement Québec) : jusqu’à 50 % d’un diagnostic numérique (1B, maximum 20 000 $) ou d’une mise en œuvre (1C, maximum 50 000 $), pour les PME admissibles. La demande se dépose avant d’engager la dépense.
  • MFOR (Services Québec) : la formation des employés se finance jusqu’à 75 % des coûts admissibles, notamment pour l’introduction de nouvelles technologies.
  • C3I : de 15 % à 25 % selon la zone sur le matériel et les progiciels admissibles, par exemple le serveur qui héberge une IA souveraine.
  • IRRT : pour les entreprises touchées par les droits de douane, jusqu’à 50 % d’un projet admissible. Un projet commencé jusqu’à 12 mois avant la demande peut être accepté.

Le montage qui fonctionne le plus souvent

Dans les projets que nous voyons, le partage des rôles qui donne les meilleurs résultats est simple. L’entreprise garde ce qu’elle fait mieux que quiconque : définir le besoin, fournir les cas réels, approuver les résultats, adopter l’outil. La firme prend ce qui demande des compétences rares : l’architecture, l’intégration à l’ERP, l’hébergement, la conformité. À la fin, la connaissance passe à l’interne.

C’est le chemin qu’a suivi Les Industries Romy, à Granby : Cogio a bâti les agents sur les processus de l’entreprise, et une personne de Romy approuve les étapes qui l’engagent. Selon l’estimation de la direction, ils libèrent aujourd’hui 152 heures par semaine. Le détail est dans l’étude de cas Romy.

Décider en une heure

Réunissez les deux ou trois personnes qui porteraient le projet. Remplissez la liste des tâches ci-dessus avec leurs estimations d’heures, multipliez par leur coût horaire réel et ajoutez ce que ces heures produisent habituellement. Mettez en face le prix d’une firme, moins les aides admissibles. Si l’écart est mince et que les compétences manquent, le risque fait pencher la balance. Notre article sur le coût et le délai d’un projet d’IA et notre page Subventions complètent l’exercice. Pour un avis sur votre cas, écrivez-nous.

Questions fréquentes

Une PME peut-elle intégrer l’IA sans firme externe?

Oui, pour adopter un assistant ou bâtir des flux simples : les licences sont publiques et l’installation est légère. Pour un agent branché à l’ERP, un hébergement souverain ou des données personnelles, les compétences requises sont rarement réunies à l’interne.

Les subventions paient-elles le travail d’une firme en IA?

Plusieurs, oui. ESSOR volet 1 couvre jusqu’à 50 % d’un diagnostic (1B) ou d’une mise en œuvre (1C) admissibles. La demande doit être déposée avant d’engager la dépense.

La formation des employés à l’IA est-elle financée?

Oui. Services Québec (MFOR) peut rembourser jusqu’à 75 % des coûts admissibles, notamment pour la formation liée à l’introduction de nouvelles technologies.

Comment éviter de dépendre de la firme après le projet?

En exigeant dans le mandat la propriété de ce qui est bâti pour vous, une documentation écrite et un transfert de connaissances à des personnes nommées de votre équipe.

Quel est le plus grand coût d’un projet fait à l’interne?

Les heures de vos employés clés, retirées de leur travail habituel, et le risque d’un projet qui s’essouffle à la première période de pointe. Ni l’un ni l’autre n’apparaît sur une facture.

Sources et références

Cet article est une synthèse de vulgarisation, à jour à la date indiquée. Il ne constitue pas un avis juridique, fiscal ou financier : pour votre situation particulière, consultez un professionnel qualifié.